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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 15:31

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CHEMINS DE L'EXIL

 

(Guerre civile d'Espagne 1936-1939)

Témoignage d'un cousin.

 

José

Dans la mémoire tout s'écrit :

Les barbelés, la terre mouillée de sang...

Le temps n'existait plus

dans cette patrie de l'exil...

Je n'oublierai jamais dans la peine,

ma croyance brisée

hors de cette Espagne bien-aimée...

Mes souvenirs, ma tristesse,

la douleur, les larmes, la peur

et cette envie de pleurer

en abandonnant notre maison...

Les villes, les villages, victimes

innocentes de crimes, de tueries

militaires et civiles ;  la faim

alors que même le pain avait

le goût de la terre.

 

Des yeux levés pour regarder le ciel

en d'éternelles prières...

Vivre nous suffisait...

 

 

A huit ans, j'écoutais, avec mon père,

ce cousin venu nous rendre visite,

L' horrible témoignage

qu'il nous révélait en Espagnol

« Ne l'oubliez pas »

disait-il les larmes aux yeux...

Ses souvenirs, la source de sa vie,

sa solitude, sa tristesse...

Cette image ne nous quittera jamais...

Mon cousin José s'était embarqué

sur un chalut pour rallier Oran, en Algérie,

où une tante et sa famille l'attendaient.

C'est pourquoi il vint nous voir à Mers-El- Kébir...

 

Je crois encore entendre les battements de son cœur,

en nous précisant les tortures

subies par des prisonniers,

les yeux fixés au loin, ému par ce souvenir...

 

José

 

Espagne de l'ombre du cœur, de vie

et de combat, arrachés à l'enfer...

Terouel !

Où la bataille fut difficile,

la souffrance d'un peuple

Et beaucoup de prisonniers

qui mouraient en cellule...

Cette peur de repartir

qui nous suçait le sang

à l'exil de son cœur, son âme

dans ses derniers haillons,

et toutes ces rues hostiles

comme un naufragé de la mer

qui voudrait revenir dans son village

abandonné...

Impuissance, rage, solitude,

l'angoisse des matins

des répressions terribles,

des années violentes, inoubliables

comme une rivière qui se tarie,

un amour qui lève ses voiles...

 

 

Le moment de partir était arrivé ;

nous nous sommes quittés,

toute notre famille les larmes

dans les yeux

avant qu'il ne prenne un bus pour Oran...

C'était une période difficile que cette guerre !

Il n'avait de vivant que sa voix

lorsqu'il partit plein de tendresse,

et d'amour qu'il emportait

comme un baiser d'adieu..

.

Qu'est-il devenu ?

Que la lumière soit avec lui !

 

 

Joseph AMOROS

 

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Published by Joseph Amoros - dans FAMILLE
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commentaires

Claire 23/10/2016 19:44

Quelle mémoire mon Pépé ! c'est une très beau récit et que tu nous transmets, celui de l'histoire de notre famille. Merci et bravo pour ce beau poème. Ce cousin, là où il est doit être très touché.
Je t'embrasse très fort et je t'aime mon pépé chéri.

Patricia 23/10/2016 13:17

Cette guerre que je n'ai heureusement pas connu, mais qui résonne au lointain, à nos portes, alors son lot de larmes, de tristesse et de déchirures.
Tes souvenirs sont restés intactes alors que tu n'avais que 8 ans.... Notre enfance dorée nous permet de surfer sur les vagues de l'insouciance, toi, avec ton regard de sage tu sais combien la vie est précieuse et tu mesures avec lucidité notre chance et notre devoir de rester en paix.
Merci de conserver ce souvenir douloureux, pour ne jamais oublier.....
Je t'embrasse mon papa chéri

patrick 22/10/2016 20:46

petit fils de réfugiés espagnols , je souhaiterai vous remercier car votre texte rappelle en moi le souvenir de mes 2 grands pères... merci pour le choix de vos mots qui rends a tous ces déracinés la grandeur d’âme qui les a fait toujours tenir debout.
On peut arracher un homme d'un pays mais on ne peut pas arracher un pays dans le cœur d'un homme. Ils ont choisis cet exil, même en vivant pauvre, en étant mal logé et mal nourri mais ils avaient choisi de vivre libre.
Qu'importe que le corps soit à l'étroit pourvu que l'esprit soit au large...(Victor Hugo)
merci encore pour vos magnifiques textes et bonne continuation à vous monsieur Amoros

16'Bill 22/10/2016 20:23

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Joseph AMOROS 23/10/2016 13:34

C'est avec un grand plaisir que je prends connaissance de votre commentaire qui me touche, concernant nos ancêtres. En ce qui concerne les miens, natifs de Crévillente, il se trouve qu'un célèbre ancêtre (Jaime Alfonso El Barbudo), était très connu en Espagne pour donner aux pauvres en détroussant les riches... Un robin des bois, comme il n'en existe peut-être plus. Avec toutes mes amitiés. Joseph

Nicole 22/10/2016 17:39

Mes larmes ont coulées à la lecture de cette évocation. Je me suis sentie présente au milieu de vous..., à cette époque..., à l'écouter..... J'ai ressenti une grande tristesse de réaliser ce qu'il avait dû endurer. Je ne le connais pas, mais j'ai l'impression qu'il est en moi, qu'il est une partie de moi, comme tous mes ancêtres dont certains ont eu des vies si particulières et que je remercie des valeurs qu'ils nous ont transmises. Je suis vraiment heureuse que tu nous relates ces témoignages, c'est notre histoire, le plus beau des héritages, celui du coeur !

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